CARNET D'ADRESSES

Tu l'as, tu as le pouvoir

Piloter les politiques publiques via l’information décisionnelle

En agrégeant de multiples données, y compris celles issues de partenaires, la Région Languedoc-Roussillon a mis au point un système permettant à ses cadres de piloter l’action publique. Et envisage maintenant de déporter ces tableaux de pilotage sur des terminaux mobiles.

Une région cumule des missions diverses en matière de lycées, de formation professionnelle, d’infrastructures de transports (TER, ports, aéroports), de développement économique… A la fois comme maîtrise d’ouvrage et en co-financement des projets (la Région Languedoc-Roussillon gère 25 000 dossiers de ce type par an). Pour piloter ces quelque 200 politiques publiques en fonction des objectifs qu’y associe l’exécutif, nous fournissons, via un tableau de pilotage, des indicateurs d’alerte et de résultats à une centaine de cadres dirigeants de la collectivité. L’objectif de cette application informatique consiste à fournir à chacun, en fonction de son rôle dans l’organisation, des outils pour piloter les moyens qu’il gère et les activités et politiques publiques qu’il supervise.

Par exemple, si on prend le cas de la direction des transports, le tableau de bord qui lui est dédié alerte sur le niveau de consommation des budgets, mais couvre aussi les aspects RH, les marchés publics passés, les subventions ou encore des indicateurs non financiers. Par exemple, en ce qui concerne nos relations avec la SNCF régies par une convention, nous suivons des indicateurs de performance comme la ponctualité et la qualité de service sur les 300 TER qui circulent chaque jour en moyenne en Languedoc-Roussillon (voir ci-dessous). Un élément essentiel car, à la clef, on trouve des sanctions pécuniaires éventuelles à l’encontre de la SNCF si elle ne respecte pas les objectifs fixés par la convention. Au-delà de l’affectation des moyens, la philosophie du projet consiste donc bien à mesurer l’efficacité des politiques publiques via le suivi d’indicateurs métier, de terrain.

Un fonctionnement en entonnoir

Cette ambition explique d’ailleurs largement la difficulté de ce projet qui nécessite l’agrégation de très nombreuses données issues de multiples sources. Dans l’exemple ci-dessus, c’est la SNCF qui nous fournit les données. Si on se penche sur le volet éducation, c’est le rectorat cette fois qui nous transfère des statistiques sur la population lycéenne. En ce qui concerne le trafic dans les ports de commerce, les données proviennent des capitaineries. Et il ne s’agit là que de quelques exemples. Agréger toutes ces informations et les présenter dans une interface adaptée aux besoins de chacun est un travail de longue haleine, que nous avons mené au cours des cinq dernières années.

Aujourd’hui, le système couvre quasiment tous les domaines de compétences de la région et fonctionne en entonnoir. Les directeurs ont accès à des indicateurs très synthétiques, tandis que les chefs de service bénéficient d’informations plus détaillées sur leurs domaines de compétence. En plus d’amener aux services des outils facilitant leur gestion – et permettant de faire évoluer certains comportements -, l’existence de ces indicateurs offre un socle commun d’informations à l’ensemble des managers territoriaux leur permettant d’instaurer un dialogue de gestion sur des bases saines.

Demain, équiper les élus ?

Sur cette base, nous réfléchissons aujourd’hui à des développements autour des tablettes. Déjà à l’essai, ce type de terminal pourrait s’avérer très utile pour nos cadres se déplaçant sur le terrain. Par exemple, on peut imaginer des scénarios où un directeur récupère automatiquement la fiche d’un lycée qu’il vient visiter via l’emploi des fonctions de géolocalisation. Fournir les tableaux de pilotage synthétiques (dashboard) à nos managers directement sur ce terminal fait également partie de nos projets, mais cela passe par une réflexion approfondie sur les usages de la tablette. Il faut trouver des indicateurs beaucoup plus synthétiques que ceux que nous proposons actuellement dans notre interface Web, tout en restant pertinents. Nous pourrions également imaginer étendre ce système basé sur des tablettes et des tableaux de pilotage dédiés aux élus eux-mêmes !

Source : http://technologies.lesechos.fr

La cartographie décisionnelle a déjà montré qu’elle est une réponse pratique au pilotage des politiques publiques décentralisées

Marc AMAND
Directeur Associé
ILEADS Consulting

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