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Côte d’Ivoire : Bilan de l’année 2012

obgSuite à la crise post-électorale qui a paralysé l’économie ivoirienne au premier semestre 2011, en 2012 la Côte d’Ivoire a connu une année de transition au cours de laquelle les indicateurs économiques se sont améliorés, bien que la situation sécuritaire demeure fragile.

Grâce en partie à la mise en place du Plan National de Développement (PND) 2012-2015 par le gouvernement, l’économie a rebondi après avoir reculé de 4,7% en 2011.

Selon les prévisions du FMI, celle-ci aurait dû croître de 8,6% en 2012, soutenue par une solide gestion économique, une importante aide extérieure des bailleurs de fonds et une hausse des investissements dans les secteurs du bâtiment, du transport et de l’exploration pétrolière.

L’appui de la communauté internationale avec l’allègement de la dette ivoirienne a joué un rôle clé dans l’amélioration des perspectives du pays, en particulier en ce qui concerne les indicateurs budgétaires fondamentaux de l’État.

La Côte d’Ivoire a été admise au point d’achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) en juin : l’annulation de dette porte sur un total de $7,7Mds, dont $1,4Mds au titre de l’Initiative d’Allégement de la Dette Multilatérale (IADM), $3,1Mds au titre de l’initiative PPTE, auxquels s’ajoute l’annulation de dette bilatérale de $3,3Mds des créanciers du Club de Paris. La Banque Mondiale a approuvé un volume de prêts de $300Mds pour l’année budgétaire 2012, tandis que le FMI a déboursé $324,4Mds depuis novembre 2011 au titre de la facilité étendue de crédit (Extended Credit Facility, ECF).

Malgré des remaniements ministériels aux mois de mars et novembre, des réformes intérieures ont contribué à consolider les perspectives pour 2013. En novembre 2012, le FMI a approuvé une nouvelle tranche de la ECF, permettant un décaissement immédiat, preuve d’une bonne exécution budgétaire et de la mise en place de réformes structurelles.

Des réformes dans la filière du cacao, qui emploie environ six millions de personnes, ont contribué à améliorer la stabilité du secteur, la nouvelle réglementation fixant à 725 francs CFA (1,11 euro) le prix du kilo payé aux agriculteurs.

L’objectif de cet ensemble de mesures est de garantir la production d’un cacao de qualité supérieure, permettant ainsi de réduire la pauvreté rurale et d’accroître le pouvoir d’achat des agriculteurs. Cependant, les dernières évolutions fiscales concernant le secteur risquent de décourager la transformation locale de cacao ainsi que l’investissement dans cette filière.

Le FMI a également enjoint les autorités ivoiriennes à modifier les politiques de tarification, de taxation et de subvention du carburant et de l’électricité afin de garantir le financement nécessaire au développement des infrastructures de production et de distribution. Les hausses de prix n’ont toutefois pas encore été mises en œuvre.

Le service de la dette ramené à un niveau plus soutenable, la structure des dépenses publiques change peu à peu au profit des dépenses en capital sur les dépenses courantes, avec des investissements considérables dans des projets d’infrastructures visant les transports et les services publics.

Si le pays jouit toujours d’infrastructures parmi les plus développées de la région – surtout en termes du réseau d’électricité- les conditions se sont fortement détériorées au cours des quinze dernières années. Investir dans la modernisation de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny à Abidjan et dans l’amélioration du réseau routier constitue une des priorités majeures du pays.

En outre, le gouvernement a adopté un nouveau code des investissements qui prévoit d’importants allégements fiscaux et d’autres mesures incitatives pour les nouveaux investisseurs. Des initiatives sont en cours pour améliorer le climat des affaires, parmi lesquelles la récente création de tribunaux de commerce et l’utilisation progressive des nouvelles réglementations de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) concernant le recouvrement des garanties des créances bancaires.

Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie visant à faciliter les relations des entreprises avec un système judiciaire lent et opaque, comme en témoigne également le renvoi l’année dernière de plusieurs magistrats corrompus. La corruption demeure cependant un obstacle majeur au développement du pays, tant au niveau du système judiciaire qu’à l’échelle de l’économie entière, et des efforts considérables seront nécessaires à l’amélioration du climat des affaires qui, selon le dernier rapport Doing Business de la Banque Mondiale, pourrait bien être en train de se dégrader.

La consommation intérieure a connu une forte reprise depuis 2011 et a contribué à stimuler la croissance dans de nombreux secteurs. Le rebond de la croissance en 2012 doit également être attribué à des facteurs liés à la demande, bien qu’un effet de base a également fortement amplifié la réorientation des indicateurs économiques.

Fin septembre, les ventes de voiture affichaient une hausse phénoménale de 122% en glissement annuel, d’après la Fédération Nationale des Industries & Services de Côte d’Ivoire. De même, le trafic import et export de conteneurs au port d’Abidjan a enregistré une forte hausse par rapport aux niveaux de 2010 et 2011, la forte demande intérieure se traduisant par une projection de croissance globale des importations de 2012 qui s’établit à 27,7%.

La création d’une nouvelle compagnie aérienne nationale, Air Côte d’Ivoire, et le retour des vols vers Abidjan de plusieurs compagnies aériennes internationales sont également bon signe pour l’économie, avec un trafic aérien à Abidjan en hausse de 28,3% à la fin octobre, le nombre de passagers commerciaux affichant une augmentation impressionnante de 47,3%, selon les chiffres annoncés par AERIA.

Un certain nombre de problèmes reste malgré tout en suspens : l’État devra s’y attaquer s’il veut pérenniser ses performances économiques et améliorer l’attractivité du pays pour les investissements. La mise en œuvre des réformes du secteur bancaire a mis beaucoup de temps, par exemple. Afin de pallier au manque de solidité financière des cinq principales banques publiques, les autorités envisagent de recapitaliser la Banque de l’habitat de Côte d’Ivoire (BHCI), de privatiser Versus Bank, de fusionner la Banque Nationale d’Investissement de Côte d’Ivoire (BNI) et la Caisse d’Épargne, enfin de liquider la Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA).

Au vu de tous les projets prévus en 2013 – allant du développement du port d’Abidjan à l’extension de la technologie 3G et au renforcement de la capacité de la fibre optique – les investisseurs potentiels ne manqueront pas de découvrir de nombreuses opportunités. Reste à savoir dans quelle mesure ils sauront manœuvrer dans le climat des affaires local et si les autorités ivoiriennes seront à même de l’améliorer.

Source : www.oxfordbusinessgroup.com

Concernant la hausse des prix, aujourd’hui, c’est chose faite.

La hausse du coût de l’abonnement aux boîtes postales, pour l’instant, est la plus déconcertante. Pour l’instant…

Marc AMAND

Directeur Associé

ILEADS Consulting

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Une réponse à “Côte d’Ivoire : Bilan de l’année 2012

  1. Florent KOFFI 22/01/2013 à 11:23

    Très bel article. Merci

    J'aime

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