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DOSSIER : La RSE, c’est aussi une affaire de DAF !

la-cohérence-rse-schéma-de-l-edes-lyon-adapté-de-celui-de-goodwill-managementDéveloppement durable oblige, l’entreprise doit désormais intégrer les enjeux environnementaux et sociaux dans son business model. Les parties prenantes (clients, fournisseurs, salariés, institutionnels…) et la réglementation l’exigent de plus en plus.

Les enjeux liés à la RSE font donc partie des nouveaux risques à gérer pour le DAF. Il n’a plus d’autre choix que d’adapter son pilotage afin d’insérer ces informations extra-financières dans son tableau de bord. Reste que convertir des indicateurs DD en chiffres relève encore du casse-tête.

Mais des actions comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre et une bonne politique sociale de l’entreprise lui permettent d’avoir un ROI visible et une bonne note auprès des investisseurs, alors pourquoi s’en priver ?

Que signifie «développement durable» appliqué à l’entreprise ?

Mise en lumière en 1971 par l’association internationale Club de Rome, le concept de développement durable est une problématique visant à concilier croissance économique, cohésion sociale et préservation des ressources naturelles. La notion s’est ensuite précisée et traduite en responsabilité sociétale pour les entreprises (RSE).

Le rapport Brundtland, paru en 1987, donne une définition du développement durable qui fait encore référence. Il s’agit d’un«mode de développement qui permet de satisfaire les besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs».

Côté acteurs économiques, le développement durable se traduit par la responsabilité sociétale (ou sociale) des entreprises (RSE). Autrement dit, c’est la réponse des entreprises aux enjeux du développement durable par des actions en faveur de la durabilité ou de la «soutenabilité» des ressources.

Expression issue de l’anglais «sustainable development», développement durable en français. Selon la définition d’Antti Hautamäki – chercheur finlandais -, le développement durable vise à préserver quatre capitaux fondant tout type de système : le capital matériel et financier, le capital sociétal et culturel (identité d’un groupe), le capital naturel et le capital humain.

«Certains de ces éléments, comme les capitaux financier et naturel, sont limités. D’autres, comme le capital humain, sont illimités. Dans le premier cas, il faut les préserver. Dans le deuxième, il convient de les développer. C’est ainsi que doivent être compris le développement durable et son application en entreprise, la responsabilité sociale et environnementale», indique Bruno Rebelle, directeur général de Transitions, un cabinet spécialisé en stratégie, ingénierie et communication du développement durable.

Devenue officielle en 1992, avec le Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio sous l’égide des Nations unies, la notion de développement durable comprend depuis trois piliers : économie, social et environnement. Elle bénéficie en 2001 de l’attention de l’Union européenne, d’où une stratégie qui décline des objectifs et instaure un dispositif de suivi et une évaluation biennale fondée sur un ensemble d’indicateurs élaborés par Eurostat.

Enfin, la France a récemment mis en place sa propre politique de développement durable. Celle-ci prévoit des plans d’action, notamment à travers le vote des lois dites de Grenelle : Grenelle 1, le 3 août 2009, et Grenelle 2, le 10 juillet 2010.

UN ENGAGEMENT ADAPTABLE A CHAQUE ENTREPRISE

RSEAu regard de ces axes, les entreprises doivent construire des plans d’action qui concilient l’économie, le social et l’environnement. Leur réussite dépend de la manière de les piloter : c’est ce que l’on appelle la «gouvernance».

Une bonne gouvernance suppose un dialogue constructif avec les parties prenantes internes et externes à l’entreprise (salariés, clients, partenaires commerciaux, institutions…).

Des réglementations relatives au développement durable, comme les lois de Grenelle, imposent certaines actions aux grandes entreprises (reporting, bilan carbone). Cependant, l’intégration de la RSE dans la stratégie globale d’une entreprise repose essentiellement sur le volontariat. Ce qui rend le concept de développement durable assez flou.

« Une réglementation générale ne peut exister car chaque entreprise doit pouvoir définir sa propre stratégie de développement durable en fonction de ses activités et son secteur», souligne Bruno Rebelle (Transitions). Une mission pour les directeurs administratifs et financiers ?

SAMORYA WILSON

 

Politique RSE : quel rôle pour le DAF ?

Agir pour conjuguer finance et gestion d’entreprise avec développement durable ou économie durable, c’est une manière de réconcilier l’entreprise avec son avenir, celui de la société et de ses parties prenantes. Quoique convaincue de l’intérêt d’une politique RSE, la profession manque de repères pour une mise en oeuvre efficace. Voici quelques explications et un plan d’action.

Les évolutions induites par le développement durable font partie intégrante des paramètres de transformation de la fonction de DAF. La profession doit procéder à un changement significatif de grille de lecture et à une modification de registre.

Les dimensions à couvrir s’élargissent au-delà de la «routine» des ratios financiers et de gestion conventionnels ou des seules questions d’optimisation des processus et des organisations. Ne pas s’emparer de ces sujets risque de conduire le DAF à n’avoir qu’une vision tronquée des paramètres de nature et d’origine très variées qui, demain, vont conditionner les performances de l’entreprise.

RSE : LA DIFFICILE MUTATION DU DAF

Cette transformation est complexe. Les principes sont relativement récents, perturbants, différents et, par conséquent, plus difficilement appréhendables au premier abord et encore moins maîtrisables que les ratios «mécanistes» de la gestion financière traditionnelle. Les référentiels élargis, qui ne sont pas encore stabilisés, sont plus complexes à concevoir et gérer que les référentiels financiers, de comptabilité ou de contrôle de gestion classiques, ce qui laisse des espaces d’innovation et de créativité importants dans ce domaine.

Quitte à ouvrir le débat, posons l’hypothèse que la direction administrative et financière devienne actrice de la transformation de sa fonction. Comment ? En abordant de façon proactive les évolutions profondes liées au développement durable et en proposant d’en animer la démarche, en totale coordination avec les acteurs clés de l’entreprise.

Même si les DAF sont attendus sur leur capacité à contribuer au pilotage stratégique – le «logiciel»de la plupart d’entre eux – et, dans une certaine mesure, le marché et les impératifs financiers poussent à ces postures a, d’une part, été «paramétré» avec des principes qui ne tiennent pas compte de ces nouveaux critères environnementaux et sociétaux.

D’autre part, ce «logiciel» est généralement calé sur un horizon à court terme, voire à très court terme («délivrer la marge» au mois, trimestre ou à l’année), la projection à trois ou cinq ans restant souvent un exercice de style quand il est fait. La crise de 2008, en révélant au plus grand nombre les excès d’un marché insuffisamment régulé et ses effets collatéraux, a remis au goût du jour les notions d’investissement de long terme et d’économie réelle.

A l’inverse, l’investissement sur des projets ou des initiatives développement durable ou RSE est encore trop souvent considéré, notamment dans les PME, comme générateur de coût, sans effet immédiat sur le compte d’exploitation, autrement dit avec des ROI ou des paybacks insuffisants. C’est pourquoi ce sont des budgets «faciles» à geler.

Pourtant, l’image du DAF obsédé par la gestion des coûts, le maintien des marges, la génération de cash flow et de paybacks inférieurs à deux ans, en opposition à celle du manager développement durable ouvert sur l’écosystème rendu plus complexe de l’entreprise moderne, désireux d’écouter les parties prenantes et souhaitant intégrer les externalités dans les outils de pilotage, est sans doute caricaturale.

COMMENT MENER UNE STRATEGIE DD-RSE?

S’il est souhaitable que les PME s’en emparent, les ETI, elles, ont une taille suffisamment importante pour leur interdire d’être discrètes sur leur dispositif en matière de développement durable et de responsabilité sociétale. Elles doivent avoir des ambitions et développer des actions cohérentes, visibles et étayées dans ce domaine. Pour autant, elles n’ont pas les moyens des grandes structures «corporate» pour mettre en place des structures et des systèmes dédiés.

Une des pistes pour favoriser l’irrigation du développement durable dans toutes les strates de l’entreprise sans créer de structure et processus additionnels est de viser l’intégration optimale dans les cycles de l’entreprise, les processus et procédures de gestion existants.

L’initialisation d’une démarche DD-RSE est l’opportunité de revoir le dispositif existant dans une logique de lean management. Pour mettre en oeuvre cette démarche, il est essentiel d’avoir en permanence le souci de l’adaptation aux moyens et à la taille de l’entreprise en termes d’allocation de ressources (temps et budget, compatibilité du plan d’action avec les tâches existantes dans tous les métiers, etc.).

En ce sens, le DAF est plutôt bien placé ! Mais s’il existe des lignes directrices, chaque démarche est unique et propre à chaque entreprise. C’est l’une des conditions d’appropriation par l’ensemble de la société. A chaque fois que cela sera possible, il faudra rechercher la mutualisation des dispositifs de pilotage, la chasse aux circuits parallèles en termes de reporting et d’instances de pilotage, dans l’adaptation et le réalisme d’une démarche structurée de responsabilité d’entreprise. Cette dernière nécessite un véritable volontarisme et du réalisme sur la chronologie des étapes.

En effet, tout n’est pas possible tout de suite dans un domaine qui relève du temps long et passe par le respect de chaque étape. Mais une fois la décision prise, la compréhensible inertie qui accompagne ces démarches de changement, compte tenu des enjeux traités, ne devra pas servir de prétexte à un report parce qu’une priorité à court terme ou une turbulence viendra toujours perturber sa mise en oeuvre. Ce risque est un vrai défi.

Il faudra donc faire preuve de lucidité sur les arbitrages et disposer d’amortisseurs qui permettront de tenir compte des évolutions de cycles, tout en assurant une implication continue et prolongée, afin de ne pas stopper la dynamique, ce qui pourrait se révéler contre-productif en interne et en externe.

Dans cette même logique, privilégiez les actions réalisables à court terme visant à démontrer opérationnellement, via les résultats obtenus, la pertinence de la démarche. Convaincu de la supériorité d’une stratégie DDRSE qui saurait articuler, dans un même mode de management, les leviers de performance ESG et de performance financière ? Vous trouverez ci-contre une feuille de route qui vous permettra d’approcher cette vision.

Lexique

ESG: Environnement sociétal (ou social) gouvernance.
Lean management: Ensemble de techniques visant à l’élimination de toutes les activités à faible valeur ajoutée. PAS: Plan d’action stratégique. SWOT: Strength Weakness Opportunity Threat.

 

compta carboneComptabilité carbone et stratégie de réduction des coûts vont de pair

La dépendance énergétique et les émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise donnent aujourd’hui la température de sa santé économique. Obligation légale ou exigence des parties prenantes, aucune organisation ne pourra plus se passer de mesurer ses émissions de CO2.

Bon nombre d’entreprises n’ont plus le choix en matière de comptabilité carbone. Depuis le décret n° 2011-829 du 11 juillet 2011 relatif au bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) et au plan climat énergie territorial, à partir de 500 salariés (en métropole), le bilan carbone est en effet obligatoire. Les entreprises concernées ont jusqu’au 31 décembre 2012 pour réaliser le bilan de leurs émissions de GES.

Extraite du pétrole, du gaz et du charbon, il est désormais acquis que l’énergie fossile est la grande émettrice des GES. Or, ces ressources naturelles sont épuisables et leur utilisation intensive fait flamber leur prix. A l’ère du réchauffement climatique et de la prise de conscience internationale de la nécessité de réduire les émissions de CO2, il est fort à parier que la réglementation de 2011 va s’élargir à toutes les entreprises.

D’ailleurs, certaines petites structures, ne serait-ce que pour répondre à la demande de leurs donneurs d’ordres ou des consommateurs, ont commencé à réaliser leur bilan carbone ou plutôt leur bilan GES. Bien que rentré dans le langage courant, le Bilan Carbone® est une méthode de comptabilisation mise au point par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Cette solution française est devenue la propriété de l’association Bilan carbone. Mais il existe d’autres méthodes de comptabilisation comme la GreenHouseGAs Protocol Initiative. Couramment appelée «GHG protocol» et développée en partenariat avec des entreprises, des ONG et des gouvernements, cette méthode est la plus reconnue sur le plan international.

LES UTILITES DU BILAN CARBONE

Dans tous les cas, «le bilan GES permet d’identifier les postes générant le plus de CO2 en vue d’établir un plan d’action visant à limiter l’impact des activités de l’entreprise sur l’environnement», explique Abdellatif El Assad, pdg d’Eliadis, éditeur de logiciels, qui a lancé EliCarbon®, une solution collaborative de management des émissions de GES.

Selon la loi, la comptabilité carbone doit définir en équivalent de tonnes de dioxyde de carbone les émissions de CO2 provenant de sources fixes et mobiles nécessaires aux activités de l’entreprise (émissions directes) et celles associées à la consommation d’électricité, de chaleur ou de vapeur (émissions indirectes).

Une synthèse des actions que l’entreprise envisage de mettre en oeuvre pour chaque catégorie d’émissions devra être jointe au bilan. Ces actions devront porter sur les trois années suivant l’établissement du bilan, qui doit indiquer le volume global des réductions d’émissions de GES attendues.

«Sur le plan économique, les actions en réduction des émissions de dioxyde de carbone peuvent se traduire par une baisse des coûts de fonctionnement, une amélioration de la qualité des produits ou encore en avantage concurrentiel en affichant l’empreinte carbone de son offre pour les donneurs d’ordres et les consommateurs», insiste Abdellatif El Assad.

Le bilan carbone sert à répondre à l’impératif de réduction globale des GES, mais il reste encore difficile de déterminer la part complète du coût énergétique dans les coûts d’exploitation. «En effet, l’identification des risques énergétiques est encore sous-évaluée par les directions financières. Mais la problématique des coûts énergétiques étant inéluctable, il convient de mesurer les enjeux et de les insérer dans la planification stratégique de l’entreprise. Il va falloir procéder à un retraitement des coûts en fonction de leur nature, à partir des données comptables et analytiques traditionnelles», constate Olivier Avril, directeur administratif et financier à temps partagé chez Acting Finances.

Quoi qu’il en soit, la réalisation d’un bilan de vos émissions de GES nécessite une expertise méthodologique et technique. Il convient donc de faire appel à un prestataire externe.»

SAMORYA WILSON

L’investissement socialement responsable gagne du terrain

Certains investisseurs et actionnaires commencent à prendre en compte l’attitude socialement responsable ou non des entreprises avant de miser sur elles. D’où la mise en lumière des agences de notation extra-financière.

Selon les termes de l’Association française de la gestion financière et du Forum pour l’investissement responsable, la notion d’investissement socialement responsable recouvre l’application des principes du développement durable à l’investissement, d’où la prise en compte de trois dimensions: l’environnement, le social/ sociétal et la gouvernance (ESG) en sus des critères financiers usuels.

Banques et compagnies d’assurances proposent désormais des produits labellisés ISR (investissement socialement responsable). Les sociétés de gestion offrent aussi des fonds ISR. Comme l’atteste une étude de l’Institut de recherche de Novethic du 9 juin 2011, l’ISR avance certes pas à pas, mais progresse assurément.

Selon cette étude, 30 % des sociétés de gestion ont une politique d’intégration de critères ESG formalisée et 35 % prévoient de la formaliser dans l’année à venir.

«L’ISR va prendre de l’ampleur, car il est créateur de valeurs pour les entreprises qui doivent répondre à la demande des parties prenantes. Elles ont donc tout intérêt à entrer dans le sens de l’histoire», affirme Laurence Méhaignerie, présidente de Citizen capital partenaires, une société de gestion qui investit dans des entreprises répondant aux critères financiers et extra-financiers.

La politique environnementale, sociale et de gouvernance des entreprises peut aussi être passée au crible par les agences de notation extra-financière qui transmettent les données recueillies aux investisseurs. Les critères de notation de ces agences reflètent la norme ISO 26000. Cette dernière présente les lignes directrices d’une politique ESG pour tout type d’organisation, quelles que soient leur taille et leur localisation.

« La norme doit être considérée comme un simple guide pour aider les entreprises à définir leurs propres indicateurs de reporting. Ce qui explique qu’elle ne peut pas faire l’objet de certification», précise Olivier Graffin, coordinateur développement durable du groupe Afnor.»

SAMORYA WILSON

Source : www.chefdentreprise.com

 

En Côte d’Ivoire, le Patronat, Confédération Générale des Entreprises (CGECI), a une commission qui se penche sur ces questions, un comité Miroir également réunit des entreprises et institutions soucieuses de démocratiser la RSE et le Développement Durable.

Le Centre Africain d’Expertise en Gouvernance des Organisations (CAGO), acteur majeur sur ces problématiques, travaille beaucoup à former, informer et déployer la RSE avec un haut niveau d’expertise.

Enfin certaines entreprises telles que le groupe SIFCA ou AZITO sont des locomotives de la RSE et du Développement Durable pour le secteur privé en Côte d’Ivoire.

Marc AMAND

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