CARNET D'ADRESSES

Tu l'as, tu as le pouvoir

Dirigeants, plusieurs conseils pour une prise de parole réussie

Conseil, conseiller ou consultantUn dirigeant sur deux redouterait une prise de parole publique *. Paul-André Tavoillot qui intervient à leurs côtés via The Message Company leur donne ici plusieurs conseils utiles. A conserver pour les interventions de 2015.

Quels types de difficultés avez-vous identifié chez les porte-paroles et les dirigeants ?

Le principal travers que j’ai pu observer est le manque de clarté du message ! Ils veulent trop en dire. Ils raisonnent « Excel » en pensant qu’il faut être exhaustif. Et ils ont la tentation du « recyclage » de vieilles présentations PowerPoint, ce qui n’arrange rien. On aboutit à une juxtaposition d’informations, un catalogue d’informations sans cohérence ni lien logique.

Ensuite, ils sont souvent trop conceptuels. « Les valeurs, la priorité client, notre ADN, notre écosystème… ». Certains termes sont flous, ambigus quand ils ne sont pas « tarte à la crème ».

Prenez l’exemple de la digitalisation ou du big data, tout le monde veut en parler mais personne ne prend vraiment le temps de l’illustrer avec un exemple concret d’usage.

Est-ce une fin en soi ou un moyen pour aider les entreprises à réaliser leurs objectifs ? Enfin, trop de porte-paroles n’incarnent pas le discours. Pour être efficace, ce discours doit être délivré sous la forme d’une histoire, et une histoire comporte plusieurs personnages : celui qui la raconte et ceux dont ils parlent. Le public, quel qu’il soit, a besoin de s’identifier à des « vrais » gens de la vraie vie.

Dernière difficulté, beaucoup de porte-paroles ne respirent pas. Ils sont en apnée. Ils souffrent et leur public souffre pour eux.

Quels sont les trucs pour réussir sa prise de parole ?

La préparation est indispensable et trois règles doivent être appliquées. Il faut d’abord définir son message. Le message est le premier facteur de réduction du stress. Informer c’est choisir. Pour chaque prise de parole, il faut définir un seul message, en une phrase.

De cette phrase découlera un discours qui doit être solidement argumenté. Argumenter c’est rassembler des faits, des exemples et des chiffres. Et, surtout, cette phrase permet de basculer d’un catalogue d’informations  à un mode narratif beaucoup plus percutant. Je conseillerais ensuite de prendre le temps de respirer : respirer réduit le stress avant et pendant une intervention. On a peur du silence alors qu’il est précieux.

La respiration – le silence – permet de souligner des propos, des mots, de créer des ruptures pour capter et conserver l’attention du public. J’encourage à s’exprimer avec conviction : la perception de notre propre voix ou de notre gestuelle est erronée. Lors d’une présentation en public, on a tendance à s’auto censurer et en faire un minimum. Au contraire il faut surjouer pour que le message soit entendu. Il faut apprivoiser le son de sa voix et parler plus fort ; la gestuelle permet d’appuyer les propos.

Ne freinons pas cette tendance naturelle d’accompagner son discours avec des gestes, en s’appuyant sur le regard de nos interlocuteurs

Quelles sont les spécificités à prendre en compte lorsque l’on s’adresse à des journalistes ?

Le principe de base : délaisser le discours marketing pour apporter un discours d’information. Chacun est hyper sollicité par tous les types de média. L’information de référence fait la différence.

Du coup, avant de promouvoir son entreprise ou d’expliquer comment fonctionne son usine, il faut expliquer les enjeux liés à son activité comme la raréfaction des ressources naturelles par exemple, ou les nouvelles attentes des citoyens-consommateurs, de l’intérêt général. Ensuite, il faut avoir un discours de preuve.

Les questions des journalistes sont souvent perçues comme agressives. Elles doivent être considérées comme « critiques » au sens positif du terme. Les bonnes réponses consistent à apporter de l’information pertinente, intéressante et attractive pour les lecteurs.Et pour répondre à une question sensible, il faut rester factuel dans son domaine de légitimité. Sans ouvrir de polémique.

* 46 % des dirigeants déclarent redouter de prendre la parole en interne ou vis-à-vis d’un public externe selon le « Baromètre de la prise de parole » établi d’après entretiens par The Message Company

Source: lesechos.fr

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :